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19.11.2010 - Article
Violences contre les femmes : Une journée internationale et un engagement sans relâche

Les femmes subissent les pires conséquences des guerres et continuent d’être les trop nombreuses victimes de violences, notamment sexuelles. Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre 2010, diverses activités sont menées pour sensibiliser l’opinion publique à ce problème. La Suisse, pour sa part, met en œuvre des approches psychosociales dans ses programmes de soutien aux victimes de violences en Afrique et dans les Balkans.

En République démocratique du Congo (RDC), des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, violées, mutilées ou victimes d’autres formes de violence entre 1993 et 2003. Selon un rapport du Haut Commissariat aux droits de l’homme, récemment publié, les femmes et les enfants tout particulièrement ont été l’objet de ces violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, commises à la fois par des groupes rebelles et les forces armées régulières dans un climat d’impunité quasi total.

« Aucun rapport ne peut vraiment décrire les horreurs vécues par la population civile » en RDC, « où presque chaque individu a une expérience de souffrance et de perte à relater », déclare le HCDH. On estime à plus de 5 millions le nombre de victimes directes ou indirectes des conflits en RDC. Les violences contre les civils, les femmes spécialement, se poursuivent dans les provinces de l'est du pays.

Soutien suisse dans les Grands Lacs et en Bosnie

Frauen_GL2.jpgDans la région des Grands Lacs (RDC, Rwanda, Burundi), la Suisse a diversifié ses soutiens, au fil du temps, pour faire face aux nouveaux besoins nés des crises et des conflits qui ont affecté les trois pays. Depuis les années 2000, elle a accru son engagement dans les domaines de l’aide au développement ainsi que de la consolidation de la paix et de la promotion des droits de l’homme. Dans ce cadre, la Direction du développement et de la coopération a lancé un programme régional de lutte contre les violences faites spécifiquement aux femmes et de prise en charge psychosociale des victimes.

Plusieurs organisations bien implantées localement bénéficient du soutien de la DDC en RDC et au Burundi pour apporter un appui psychologique, médical et social aux femmes et aux enfants victimes de violences sexuelles. Cette prise en charge à tous les niveaux permet non seulement d'améliorer la santé psychique et physique des femmes, mais elle contribue aussi à leur réinsertion dans la société ainsi qu'à la diminution des violences à leur égard (voir encadrés).

« Marrainages » de parlementaires suisses

Deux de ces organisations, Vovolib et Nturengaho, font par ailleurs partie du projet « marrainage » initié en 2004 par la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. Dans ce cadre, sept députées suisses se sont rendues en mai 2010 dans la région des Grands Lacs, où elles ont rencontré des collègues parlementaires des trois pays ainsi que des femmes victimes de violences pour leur exprimer leur solidarité.

Les femmes parlementaires suisses se réunissent le 22 novembre, à l’invitation de Mme Calmy-Rey, pour faire le point sur leur engagement dans la région des Grands Lacs depuis un an. Une représentante de Nturengaho, du Burundi, ainsi qu’une autre de l’Organisation mondiale contre la torture sont présentes.

En Bosnie et Herzégovine, surtout dans le canton de Tuzla, la même approche psychosociale est appliquée. La DDC y soutient le centre de thérapie et de conseils Vive Zene (voir encadré). Ce programme est aussi l’objet d’un « marrainage ».

Protection et promotion des droits des femmes

En restant engagée auprès de toutes ces organisations actives sur le terrain, la DDC escompte à moyen terme pouvoir contribuer aux dynamiques de réconciliation et de reconstruction du tissu social des pays concernés. De manière générale, la Suisse accorde une priorité particulière au soutien des femmes victimes de conflits et à la promotion des droits de la femme. Elle s’implique activement dans le suivi d’accords internationaux tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDF) ou la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité.

Adoptée à l’unanimité il y a dix ans, la résolution 1325 a trois objectifs : renforcer la participation des femmes dans les processus de paix ; améliorer la prévention et la protection contre la violence faite aux femmes ; adopter une démarche soucieuse de l’égalité entre les sexes dans tous les programmes de promotion de la paix. La Suisse, pour sa part, a adopté un plan d’action qui définit les étapes de la mise en oeuvre de la résolution dans le domaine de la promotion civile et militaire de la paix.

violance_femme.jpgDes actions pour sensibiliser et mobiliser

Diverses actions concrètes se déroulent dans toute la Suisse à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’opération « Jeder Rappen zählt », conduite à nouveau cette année par DRS 3, SF (radio et télévision suisses alémaniques) et la Chaîne du Bonheur, a pour thème les enfants, victimes des guerres et des conflits. Les enfants aussi sont l’objet de violences, en particulier les petites et jeunes filles. Des reportages réalisés en Colombie, au Sri Lanka et en RDC seront diffusés. Et du 13 au 18 décembre, une équipe installée sur la Place fédérale, à Berne, récoltera des dons 24 heures sur 24.

D’autre part, une campagne appelée « 16 jours » est menée par plusieurs organisations sur le thème armes et violence contre les femmes. Diverses activités sont entreprises pendant les 16 jours qui vont de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, à la Journée internationale des droits de l’homme, le 10 décembre.

RDC : des « maisons d’écoute »
Dans la Province du Sud-Kivu, la DDC soutient une organisation qui vient en aide aux femmes et aux enfants victimes de violences sexuelles et leur assure un suivi psychologique, médical et social. Vovolib (Voix des sans voix ni liberté), basée à Bukavu, fédère six organisations féminines qui gèrent 13 « maisons d’écoute ». Elle offre aussi entre autres la possibilité d’un hébergement en cas d’urgence, d’une médiation auprès de la famille pour faciliter l’intégration, ou d’une assistance juridique pour les femmes prêtes à porter plainte.
junge_Frauen.jpg Burundi : aide aux très jeunes victimes de viols
À Bujumbura, l’organisation Nturengaho (Stop, ne vas pas au-delà) a été créée en 1998 par des infirmières et des gynécologues pour aider les jeunes, voire très jeunes filles enceintes à la suite d’un viol. Avec le soutien de la DDC, elle a ouvert un centre d’accueil de huit à douze lits, où les jeunes femmes peuvent rester et bénéficier d’un soutien après la naissance de l’enfant.
Bosnie : donner une perspective d’avenir
Les veuves en particulier, victimes des traumatismes de la guerre, doivent assumer seules la charge de leurs enfants dans les camps de réfugiés de Tuzla. Le centre de thérapie et de conseils Vive Zene offre des solutions pragmatiques pour améliorer les conditions psychologiques, sociales et économiques de ces femmes par un appui psychosocial (stationnaire ou ambulatoire) ainsi que des activités destinées à développer l’esprit de solidarité dans les camps de réfugiés. Au fur et à mesure, Vive Zene a élargi son mandat aux victimes de violences domestiques, dont le nombre a considérablement augmenté après la guerre. Il collabore aussi au programme de protection des témoins, mené par les autorités locales, en accompagnant les femmes décidées à déposer sur les crimes de guerre commis à leur encontre.
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Frauen_GL.jpg L’approche psychosociale
Les guerres et les conflits qui ravagent la région des Grands Lacs ont plongé les femmes dans une situation physique, psychologique et sociale très précaire. Les violences sexuelles à leur encontre, le viol en particulier, sont utilisées comme une arme de guerre. L’approche psychosociale a été développée pour venir en aide aux victimes de violences. Elle est axée sur la communauté, considérant que le problème de la violence n’est pas individuel et que le dysfonctionnement réside plutôt dans la communauté. La DDC est convaincue de la pertinence de la dimension psychosociale dans les contextes fragiles. Elle privilégie ainsi une approche intégrée qui vise à la fois la promotion des droits de la femme, la prise en charge psychosociale, la réinsertion socio-économique des victimes de violences, ainsi qu’une assistance juridique.


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