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Au temps de la dictature communiste en Albanie, les Archives d’Etat étaient une institution obscure et anxiogène. Depuis l’avènement de la démocratie,
elles se sont transformées, avec l’aide de la Suisse, en une institution accueillante et compétente au service de la population.
Lorsque l’on entend des descriptions du « vieux temps » des Archives d’Etat, on est immédiatement transporté dans « Le palais des rêves », roman de l’écrivain albanais Ismaïl Kadaré. L’auteur y
décrit le cauchemar d’un Etat totalitaire – l’histoire est censée se dérouler sous l’occupation ottomane – qui contrôle et fiche même les rêves de ses sujets. Dans un labyrinthe déconcertant fait de
longs couloirs et de salles innombrables, les documents sont consultés, interprétés et finalement archivés.
Le chaos après le changement Aujourd’hui, les Archives d’Etat n’ont plus rien de menaçant. L’accueil y est
chaleureux et les salles du catalogue et de lecture claires et aérées. Des gens de tous âges prennent place à de longues tables pour y étudier des documents. Pourtant, en 1994, trois ans après la
chute de la dictature, lorsque les Archives fédérales prirent langue pour la première fois avec leur homologue albanaise, la situation était bien différente. Les documents – parmi lesquels des
exemplaires uniques d’une grande valeur historique et artistique – pourrissaient dans des locaux humides. Et la recherche de documents, à l’aide d’un catalogue composé de fiches pour la plupart
écrites à la main, était un véritable travail de détective. Sans compter qu’au moment de la chute de la dictature, certains des représentants et des profiteurs du régime les passèrent au peigne fin
pour en faire disparaître des pièces potentiellement compromettantes, laissant derrière eux un véritable chaos.
Une numérisation de longue haleine Entre 1994 et 2004, la Suisse – Archives fédérales et DDC –ont soutenu leur
partenaire albanais avec un montant de 1,9 million de francs environ. Dans le même laps de temps, l’Albanie a décuplé le montant qu’elle consacrait à ses archives, démontrant ainsi l’importance que
l’Etat albanais moderne confère à cette institution. Les investissements ont été consacrés à la rénovation des bâtiments et à la modernisation des locaux d’archivage, ainsi qu’à leur équipement en
installations de climatisation et de sécurité modernes. La numérisation des entrées de chaque carte du catalogue a constitué une tâche de longue haleine, tant le déchiffrement de fiches écrites à la
main s’est avéré ardu. Au final, il a fallu numériser pas moins de 2 millions d’entrées. La mise en service d’un moteur de recherche doit permettre aux utilisateurs de retrouver plus facilement les
documents. Une autre part importante du soutien suisse a été consacrée à la formation de base et au perfectionnement du personnel, qui se trouve confronté à de nouvelles exigences en raison de la
numérisation. De plus, comme les Archives d’Etat sont maintenant une institution publique, le personnel a été contraint de se former au « service à la clientèle », afin d’accompagner les utilisateurs
de ses conseils.
Une entreprise de services Les archives, qu’elles soient nationales ou régionales, se transforment en entreprises de services à la
collectivité, ce qui répond parfaitement aux objectifs de la coopération. Chaque année, ces institutions enregistrent jusqu’à 25 000 demandes de citoyens, dont un tiers pour les seules Archives
d’Etat. La demande porte essentiellement sur des contrats ou des titres de propriété et d’autres documents similaires. Cela est particulièrement important car, durant la dictature, les propriétaires
ayant été dépossédés de leurs biens, ils peuvent maintenant refaire valoir d’anciens droits acquis. Depuis qu’elle peut se fonder sur des sources documentaires sûres, la jurisprudence des tribunaux
en la matière s’est améliorée. Mais il est aussi important que les archives soient disponibles pour la recherche historique, notamment celle qui porte sur le passé récent. « L’ouverture des archives
est un pas en direction de l’ouverture de la société », déclare à ce propos le directeur des archives nationales. Archives qui, outre des étudiants et des professeurs albanais, accueillent
régulièrement des centaines de chercheurs étrangers. Les archives albanaises conservent ainsi la correspondance du Parti communiste suisse, structuré sur le modèle albanais.
Recherche en quelques clics La dernière phase de la coopération a démarré début 2005 et doit déboucher sur la
remise définitive du système au partenaire albanais. La numérisation sera alors achevée et le système doit être relié aux archives régionales et à diverses unités administratives. Il est en outre
prévu de rendre d’importants fichiers accessibles via l’Internet. On investira donc de nouveau dans la formation du personnel, afin qu’il bénéficie du savoir-faire technique nécessaire. Il faut en
effet que les bases techniques et administratives soient disponibles pour que l’Etat soit en mesure d’exploiter et d’entretenir ses archives nationales sans accroc.
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Le projet en bref
Division Coopération avec l’Europe de l’Est et les Etats de la CEI
Pays / Région Albanie
Partenaires?
Organisation chargée de l’exécution: Archives fédérales suisses, en collaboration avec les Archives d’Etat albanaises
Situation initiale / informations contextuelles L’accès aux documents, tels que des titres
de propriété, des documents historiques importants ou des contrats est un élément important de toute démocratie moderne. Jusqu’ici, les documents disponibles dans les archives communistes n’étant pas
catalogués, ils n’étaient mis à jour et disponibles qu’en partie.
Objectifs du projet
Contribuer au développement d’une administration transparente et au renforcement de l’Etat de droit grâce à l’accès facilité du public aux documents mis à jour et classés
systématiquement de façon professionnelle.
Public cible
Cadre financier 1,9 million de CHF (dont env. 0,9 million de la
DDC)
Durée Mars 2005 – février 2008 (phase
3)
Contact
Section Europe du Sud-Est DDC Telefon: (++4131) 32 24405
E-Mail: se-europa@deza.admin.ch
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